La France demande un changement de loi après l’indignation suscitée par le verdict de meurtre antisémite

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PARIS – Le gouvernement français envisage de présenter un projet de loi visant à combler une faille juridique qui a permis à l’homme qui a tué une femme juive dans une frénésie antisémite en 2017 d’échapper à son procès car un tribunal a conclu qu’il était dans un état de délire provoqué par cannabis.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a déclaré dimanche que le projet de loi serait présenté à temps pour un vote du Parlement cet été et comblerait le «vide juridique» qui rend actuellement impossible de «prendre en compte la prise volontaire de substances toxiques» conduisant au délire dans la commission de crimes.

Le plus haut tribunal de France a statué plus tôt ce mois-ci que Kobili Traoré, qui a battu la femme, Sarah Halimi, avant de la jeter par la fenêtre de son appartement parisien à sa mort, n’a pu être jugée parce qu’il n’avait aucun «discernement ni contrôle» sur ses actes. Il a confirmé un verdict d’un tribunal inférieur selon lequel, en vertu du droit français actuel, l’origine de l’état perturbé de Traoré – la consommation de drogues – était sans importance.

Le verdict a déclenché une tempête de protestations de la part de groupes juifs français et internationaux. Cela a également conduit à une grande manifestation de Juifs français à Paris dimanche, et de plus petites dans d’autres villes, dont Lyon et Marseille.

Le président Emmanuel Macron a exprimé son désaccord avec la décision, inhabituelle dans une affaire judiciaire, affirmant dans une interview au Figaro que «décider de prendre de la drogue et ensuite ‘devenir fou’ ne devrait pas à mes yeux écarter votre responsabilité pénale.

La plus haute cour, connue sous le nom de Cour de cassation, a reconnu la nature antisémite du crime – «un acte antisémite frénétique», selon le rapport d’un psychiatre – mais a en fait déclaré que ses mains étaient liées par la loi. . M. Traoré a admis le meurtre et se trouve dans un établissement psychiatrique.

Plus de 20 000 personnes se sont jointes à la manifestation à Paris dimanche, selon le ministère de l’Intérieur, tenant des banderoles disant: «tuée parce qu’elle était juive» et «victime d’un naufrage judiciaire». Avant la manifestation, un haut conseil de la magistrature français a exprimé son inquiétude, appelant au respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire et à un ton mesuré dans la discussion de l’affaire.

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a assisté à la manifestation, qui a déclaré qu’une rue de la capitale porterait le nom de Mme Halimi, âgée de 65 ans. Parmi les autres participants de premier plan figuraient Xavier Bertrand, candidat de centre droit à l’élection présidentielle. l’année prochaine, et Bernard-Henri Lévy, l’auteur et philosophe qui dénonce la montée de l’antisémitisme en France. Plusieurs orateurs ont demandé que la nouvelle loi, si elle était promulguée, soit appelée «loi Sarah Halimi».

Dans un long entretien avec le magazine Marianne, Paul Bensussan, l’un des psychiatres appelés à interroger M. Traoré, a tenté d’expliquer ses raisons pour le déclarer inapte à être jugé.

M. Traoré, a-t-il dit, hallucinait bien avant le meurtre lui-même, s’engageant dans de longs soliloques, répondant à des voix imaginaires et consultant un exorciste. Le niveau de THC, le principal composé psychoactif du cannabis, trouvé dans son corps était faible à modéré, ce qui l’a amené, ainsi que d’autres psychiatres, à conclure que la drogue «était un cofacteur et non la cause» de «l’explosion de délire» de l’agresseur.

La vue d’une menorah et le fait que Mme Halimi était juive, «ont été l’étincelle», a déclaré M. Bensussan, qui est juif. «Le crime était celui d’un fou, mais son crime était antisémite parce que, dans son délire, il assimilait les juifs au diable. L’indignation publique et celle de la communauté juive sont, je crois, liées à la fausse idée que reconnaître la folie et l’absence de responsabilité pénale signifie nier la dimension antisémite de l’acte.

Les subtilités de cet argument semblent n’avoir rien fait pour calmer la colère dans l’importante communauté juive de France.

M. Macron, dans son entretien au Figaro, a déclaré qu’il souhaitait que le ministre de la Justice présente un projet de loi visant à modifier la loi «le plus tôt possible». M. Dupond-Moretti a maintenant fait cela.

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