In Revival and Streaming : « Le Cercle Rouge », un thriller policier dans lequel la connaissance est le pouvoir

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Quand j’ai vu pour la première fois Jean-Pierre MelvilleLe drame policier français « Le Cercle Rouge » (« Le cercle rouge ») il y a des décennies, dans une version considérablement tronquée qui circulait alors, j’ai trouvé que c’était un type de film unique – un ballet automobile. Les gangsters parisiens au centre du film rôdent dans le paysage de la nation dans des berlines américaines qui semblent se déplacer avec une grâce féline et bondir avec une puissance de panthère, incarnant, dans le heavy metal, les mécanismes finement calculés sur lesquels tournent les stratagèmes criminels de l’histoire. . En 2003, une version complète du film de cent quarante minutes est sortie et, depuis vendredi, il fait l’objet d’une nouvelle restauration au Film Forum. (Il est également diffusé en continu sur Amazon et d’autres services.) Dans cette version plus longue, la majesté des véhicules est toujours un élément clé des délices du film. Pourtant, ce qui ressort encore plus clairement, c’est le régime de la connaissance, l’infrastructure intellectuelle du crime qui imprègne la société comme une grille invisible, et que Melville porte à l’écran dans des images froidement analytiques avec une sorte de caméra infrarouge.

Ce renouveau marque une étrange coïncidence dans la programmation du répertoire new-yorkais : comme «Or cramoisi», qui ouvre aujourd’hui sur Film au cinéma virtuel du Lincoln Center, « Le Cercle Rouge » est centré sur un braquage de bijouterie. Le film de Melville s’inscrit plus directement que celui de Jafar Panahi dans une tradition spécifique : c’est un film de casse, dans lequel la séquence culminante complexe du larcin extrêmement grandiose dure vingt-cinq minutes majestueuses. Il s’ouvre sur une panique rapide et nocturne des véhicules, alors que la police conduit à la hâte un suspect nommé Vogel (Gian Maria Volonté) dans un train en route vers la prison, en compagnie de l’inspecteur de police de haut rang Mattei (André Bourvil). Pendant ce temps, un condamné nommé Corey (Alain Delon), qui sort de prison à la fin d’une peine de cinq ans, est averti par un gardien d’un palais de bijoux parisien qui est mûr pour un cambriolage. Corey est libéré et se dirige vers Paris, Vogel s’échappe, et le perspicace Corey – tout en étant poursuivi par ses ennemis gangsters – amène Vogel dans le programme de la bijouterie. Pendant ce temps, Mattei, dont le travail est en jeu, jure de trouver et d’attraper Vogel. Pour ce faire, il sillonne la pègre parisienne nocturne et met la pression sur un patron de boîte de nuit et connaissance de Vogel’s nommé Santi (François Périer), qui, de son côté, jure de ne jamais moucharder.

Le film est un jeu de chats et de souris multiples, avec les poursuivants poursuivis et les tables tournant avec une merveille mercurielle – et Melville capture et transmet ces merveilles de conception et d’exécution de survie dans des ricochets géométriques laconiques. (Les téléspectateurs à domicile seront reconnaissants d’avoir la chance de revenir en arrière et de s’émerveiller à nouveau.) La première confrontation de Corey avec un chef de la mafia nommé Rico (André Ekyan) dépend d’une étonnante bribe de connaissances et de l’audace d’agir rapidement dessus. Une confrontation à une table de billard est un modèle de synecdoque cinématographique ; une confrontation mortelle dans un champ ouvert est l’une des confrontations les plus excitantes et minimales, avec le monde à l’envers dans un souffle parfaitement chronométré. L’échange de regards silencieux entre Corey et Vogel, au milieu d’un moment de tension mortelle, est l’un des sommets du bromantisme criminel. En ce qui concerne le casse, le duo recrute un tireur d’élite ostensible, un ancien flic nommé Jansen (Yves Montand), qui s’avère être autant un clairvoyant, un cerveau criminel dont l’adresse au tir – filmée avec un aplomb à bout de souffle – implique en réalité de multiples métiers mécaniques et scientifiques, qui sont mis en scène avec un émerveillement discret.

Le casse lui-même est filmé dans une pièce maîtresse cinématographique très étendue qui dépeint, avec une logique impeccable, l’art criminel méticuleux qui entre par effraction, entrée, aspiration et sortie. Pourtant, le casse est d’une importance étrangement secondaire par rapport à la masse puissante de connaissances durement acquises dont dépend la composition du crime. Cet étrange changement d’emphase est ce qui fait du « Cercle Rouge » l’une des meilleures et des plus significatives œuvres de Melville. Beaucoup de ses films les plus célèbres, tels que « Le Doulos » et « Le Samouraï », sont étouffés par la tendance du réalisateur au néoclassicisme, une distillation des manières et des formats des drames policiers américains, une vision si ferme qu’elle ne laisse aucune place à ce qui se passe dans le monde, sans parler de la vie intérieure de ses protagonistes. Pourtant, dans les machinations de Mattei – qui, à son tour, est la cible des machinations du chef de la division des affaires internes du département de police (Paul Amiot) – Melville dépasse le plaisir macabre du crime pour envisager l’écrasement implacable du châtiment. Sa vision du pouvoir de l’État, de sa surveillance tentaculaire à son système carcéral, est un réalisme affreux et fataliste qui masque le romantisme des hors-la-loi individualistes avec la grille bureaucratique au-dessus de la grille. C’est une vision métapolitique du gouvernement qui délivre tacitement quelque chose comme une philosophie politique : ne pariez pas contre la maison.


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